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    Olivier Richard au Retogaming Days 2013

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    griffon
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    Olivier Richard au Retogaming Days 2013

    Message  griffon le Mer 8 Mai - 7:51



    RetroGaming Days 2013 : entretien avec Olivier Richard
    Interview par Horeus

    Venu aux RetroGaming Days pour présenter ses oeuvres, Olivier Richard, alias Inoshiro, nous parle de Player One et de Dragon Ball.

    Bonjour Olivier. Tu es un ancien journaliste de Player One. Combien de temps as-tu travaillé dans le magazine ?

    Bonjour. J’ai travaillé durant toute la durée du magazine, de 90 à 2000. Le numéro 1 est paru en septembre 90 et le dernier en janvier 2000.
    Quelle est ta formation initiale ?
    Pendant un ou deux ans, j’ai fait une école de journalisme, l’ITAIM qui a fusionné, depuis, avec l’Institut Européen de Journalisme.
    Comment peux-tu qualifier toutes ces années passées à Player One ?
    C’était très bien déjà car nous étions tous très jeune. Tout le monde était passionné, il se passait plein de choses. Nous étions comme une bande de copains qui s’amusaient. Travailler en s’amusant, c’est très agréable.
    Ce qui était intéressant est que cela coïncidait avec une période où il se passait beaucoup de choses en jeux vidéo, manga et en cinéma puisque c’était le début de l’utilisation de l’image de synthèse, du moins, de manière intensive.


    Et la journée type d’un journaliste chez Player One ressemblait à quoi ?

    Il n’y avait pas vraiment de journée type car il y avait plusieurs équipes. Il y en avait qui travaillaient le jour, d’autres la nuit, certains étaient salariés il avait des pigistes, donc chaque catégorie de personnes avait sa journée type.
    Pour les salariés, comme les secrétaires de rédaction, la standardiste ou ceux du service pub, c’était assez proche de ceux qui bossent dans des bureaux, si ce n’est qu’ils cohabitaient avec une population d’hurluberlus comme Crevette ou Stonehenge ou Wonder et des gens un peu particulier qui donnaient l’impression d’être des ados attardés puisque ils étaient à peine sortis de l’adolescence, qu’ils mangeaient de la pizza froide, qu’ils poussaient des cris devant des jeux, qu’ils passaient souvent des heures dans les salles de test.
    En période de bouclage, certains ne se lavaient pas beaucoup donc ils sentaient mauvais (rires). C’était difficile pour toutes ces personnes qui travaillaient normalement.
    A la fin, ils avaient installé des douches.
    Pour ceux qui travaillaient la nuit, parfois, il y avait des odeurs d’herbe puissante, c’était pénible pour ceux qui ne fumaient pas.
    Stone mettait des disques du groupe Magma, une musique un peu « hermétique » pour le commun des mortels. Bref, c’était un peu la ménagerie mais c’était sympathique.
    Ce qui était remarquable était que l’on avait deux filles. C’était assez rare à l’époque parce qu’il y avait environ 90% de garçons, ce qui était terrible. Mahalia, Yoda et Miss VTM ont apporté un peu de douceur.
    C’était marrant, une bonne époque.


    Oui, ça semblait bien détendu.

    Oui, c’était très cool. Quand le canard a commencé à se professionnaliser, il y a eu des périodes plus tendues. Il y avait plus de compétition car, rapidement, des concurrents sont apparus comme Console + ou Joypad.
    Même si Player One n’était pas le premier magazine sur le jeu vidéo, il était le premier spécialisé dans les consoles en France.
    Rapidement, avec le succès, il y a eu de la concurrence, le magazine s’est professionnalisé donc l’ambiance est devenue plus pro. Ce n’était plus les mêmes enjeux commerciaux qu’au début.
    A la fin, ce n’était plus la même chose, les gens avaient vieilli, il est arrivé une nouvelle génération de journalistes.
    En 10 ans, comme pour les jeux vidéo, cela a beaucoup changé. Au début, c’était la Master System et à la fin, c’était la PlayStation 2. Donc, ça a beaucoup évolué.
    Malgré tout, cela est resté très sympathique.


    Je reviens sur un détail. Tu disais que certains travaillaient la nuit ?

    Oui, car les pigistes avaient des horaires libres.
    En fait, Player One était le seul magazine de jeux vidéo qui fonctionnait avec beaucoup de pigistes. Mais bon, en terme d’heures de travail, c’était supérieur à ce que l’on pourrait croire. Il y avait des gens qui vivaient presque au journal pendant la période du bouclage et des tests.


    Combien de personnes environ travaillaient à Player One ?

    C’est variable : en moyenne, il y avait une dizaine de pigistes.


    Pourquoi avoir écrit avec Alain Kahn Les Chroniques de Player One ? Nostalgie un peu personnelle ? Une envie de se remémorer avec les lecteurs une période de la presse écrite ?

    Alain voulait sortir un livre pour les vingt ans de la naissance de Player et les dix ans de celle de Pika et hop !


    Tu es également connu pour avoir écrit des livres sur l’univers de Dragon Ball.

    Oui car je pense que Dragon Ball est un manga vraiment fondateur et excellent. D’ailleurs, dans Player One, j’ai écrit pas mal dessus que ce soit sur la bande dessinée ou le dessin animé.
    Puis un jour, je me suis demandé ce que faisait Toriyama (NDLR : le créateur de Dragon Ball). Je suis allé sur internet pour savoir ce qu’il avait fait et je me suis dit que c’était incroyable qu’il n’y ait pas d’informations ou que ça soit la galère pour en dénicher.
    Ensuite, j’ai pensé qu’il y avait eu un bouquin sur lui mais j’ai remarqué que ce n’était pas le cas hormis un catalogue d’expo qui datait de 1993. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. J’ai donc demandé aux japonais l’autorisation de faire un livre.
    A la base, j’avais contacté Glénat (NDLR : l’éditeur de Dragon Ball en France) mais je n’ai pas eu de réponse. Je me suis dit que comme les japonais sont extrêmement vigilants sur tout ce qui touche à l’utilisation et l’accord des visuels, autant passer par l’éditeur français. Mais ce dernier n’a pas daigné répondre à mes demandes.
    Après, je suis passé par Viz Media, une filiale européenne de l’éditeur japonais, qui m’a dit pourquoi pas. Malheureusement, par la suite, ils se sont rendus compte que ce ne serait pas gérable car si ils le faisaient, ce serait en produit officiel et que ce n’était pas forcément leur job d’initier ce genre de projet.
    Finalement, ils ont refusé mais par contre, ils ont accepté de véhiculer ma demande à Shūeisha qui est l’éditeur de Dragon Ball au Japon.
    A partir de là, lorsque j’ai présenté ma demande, j’ai eu une interlocutrice qui m’a posé plein de questions comme ce que je voulais faire, pourquoi, comment, ce que j’avais fait avant…
    Puis un jour, on m’a dit que de toute façon, ce ne serait pas un bouquin officiel, ce qui, au final, m’arrangeait qu’il ne le soit pas. Par contre, je pouvais utiliser des images.

    J’ai demandé également à Toriyama, même si je savais qu’il y avait une chance sur dix qu’il me dise non parce que depuis dix ans, il ne veut plus parler. Il ne parle quasiment jamais, seulement de temps en temps quand son éditeur le lui demande.
    Mais ma requête a été refusée.
    J’ai aussi demandé à interviewer Torishima, son éditeur. Mais on m’a dit que personne ne parlerait.
    Après, j’ai contacté des licencés comme Bandai, qui est producteur de jeux vidéo, un réalisateur de films Dragon Ball Z et de la série Dr Slump, et un producteur de jeux vidéo DBZ pour qu’ils me décrivent leur expérience de collaboration avec Toriyama.
    Et à partir de là, j’ai pu écrire ce livre, ce qui permet d’avoir au moins un bouquin qui compile ce que l’on sait de Toriyama.
    Evidemment, il y a quelques personnes, des maniaques qui ont tout chez eux, qui m’ont dit qu’ils auraient aimé que je fasse des révélations sur Toriyama. J’aurais bien aimé mais comme personne ne voulait parler, c’était difficile !
    Dans tous les cas, c’était agréable de le faire, j’étais très content. Voilà, c’est comme ça qu’est né le projet Toriyama.


    Quels sont tes prochains projets ?

    Là, j’en ai pas mal. J’ai fait une bande dessinée avec un dessinateur chinois. C’est une histoire d’action sous l’Empire Romain.
    Ensuite, je vais faire un bouquin sur Berurier Noir, un groupe français de musique punk.
    Et sinon, je travaille sur des projets comme des reportages pour des magazines et j’ai aussi des projets de documentaires.


    Plus rien en rapport avec les jeux vidéo ?

    Oui, sûrement un jour mais pour l’instant, rien de sûr.
    Quittons le travail pour s’intéresser à quelque chose de plus personnel. Joues-tu toujours aux jeux vidéo ?
    Très peu mais autour de moi, j’ai des enfants qui jouent donc je sais ce qui se fait car je rapporte des jeux et je vois leurs réactions.
    La dernière fois que j’ai joué, c’était à Atomic Punk sur Game Boy.


    Et à part ce jeu ?

    Shenmue. Récemment, j’avoue que c’est tout.


    Une console préférée ?

    En bon homme du XXe siècle, je dirais : la Super Nintendo.


    Et que penses-tu des jeux vidéo actuels ? C’était mieux avant ?

    Non, je ne pense pas que c’était mieux avant. Je pense que c’était plus frais.
    Merci Olivier d’avoir répondu à nos questions.


    Note :

    Nous ne l’avons pas abordé lors de notre entretien mais Olivier Richard est également l’auteur de Manga, les 120 Incontournables, un livre qui, comme son titre le laisse penser, contient une sélection faite par Olivier de 120 mangas à ne pas rater.



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    Re: Olivier Richard au Retogaming Days 2013

    Message  Chat-Minou le Mer 8 Mai - 9:54

    Très intéressant !
    Ca avait l'air sympa le journalisme à cette époque.
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    Re: Olivier Richard au Retogaming Days 2013

    Message  navnuliselpt le Mer 8 Mai - 10:15

    Mahalia, Yoda et Miss VTM ont apporté un peu de douceur

    yoda il apporte de la douceur ??
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    Re: Olivier Richard au Retogaming Days 2013

    Message  Jegolan le Mer 8 Mai - 21:10

    Oh la vache il a changé Inoshiro ! affraid et je ne l'imaginais pas autrement qu'avec ses cheveux longs.
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    Re: Olivier Richard au Retogaming Days 2013

    Message  kawickboy le Jeu 9 Mai - 7:09

    Faudra m'expliquer cette manie des anciens de MSE de ne parler que de player one et jamais de amstrad 100% ou pc player quand bien même ils ont passé plus bossé pour l'un de ces 2 mags.
    Quand je lis l'interview j'ai quand même l'impression qu'il en a gros sur la patate et qu'il n'ose pas parler.


    _________________
    Bats ton crevard quand tu le vois. Si toi tu ne sais pas pourquoi lui il le saura.


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    Re: Olivier Richard au Retogaming Days 2013

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